Unistella : Des oeuvres d’art sur le bout des doigts.

Je suis sûre (ne fais pas genre, je te vois) que tu as visionné il y a peu le nouveau MV de BLACKPINK, ‘뚜두뚜두 (DDU-DU DDU-DU).
Je te le remets ici car je ne peux pas m’en empêcher (première écoute, j’étais de marbre, à la deuxième écoute je me suis surprise à fredonner le ddu-du ddu-du).

Est-ce que tu fais le lien entre l’article et BLACKPINK ? Non, toujours pas ? Alors voilà :


Leurs manucures parfaites viennent de la nail-artiste coréenne du nom de Park Eunkyung, plus connue sous le pseudonyme d’Unistella.
Peut-être avez-vous déjà entendu parler d’elle grâce son compte Instagram @nail_unistella ou avez-vous déjà vu ses designs pour ongles : le « Shattered Glass Nail » (Ongle à effet verre brisé). Cette technique avait fait le tour des réseaux sociaux à l’époque 2015 (quand même, on vient de loin).

Park eunkyung - Glass nails

Les Glass nails ont l’aspect de morceaux de verre iridescent, et viennent tout droit de l’imagination de l’artiste, qui a essayé de recréer l’aspect intérieur d’une abalone en superposant plusieurs morceaux très fins d’un film holographique, le tout recouvert par une couche de top coat transparent.

On peut supposer que ce nail-art doit avoir un certain coût, mais n’ayez crainte, l’artiste Park Eunkyung a sorti certains de ses modèles (dont celui-ci) en version stickers en collaboration avec Modi, à appliquer directement sur l’ongle (En édition limitée à l’époque snif snif)

park-eunkyung-unistella-nail-art-glass-stickers



En mars 2018, Unistella a fait parler d’elle via le scandale avec l’entreprise “Sally Hansen”. En effet, le célèbre « shattered glass nail » en stickers cité plus haut, ainsi que certains autres modèles célèbres tel que le wire nail ou le diamond nail de Park Eunkyung, se sont vu être mis sur le marché par l’entreprise américaine “Sally Hansen”. Celle-ci s’est targuée de lancer une nouvelle ligne de stickers pour ongles appelée “K-Beauty Design Kit”.

Après qu’Unistella les a contacté, l’entreprise outre-atlantique lui a répondu par un message assez malhonnête : “ Le design que nous avons lancé de notre collection ne sont pas vos designs. Comme je suis sûr que vous le savez déjà, les formes basiques comme les coeurs, lèvres et lignes ondulées, ou design ressemblant à du verre brisé, ne peuvent pas être détenus par droits d’auteur”.

 

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Le kit est toujours disponible sur leur site, mais plusieurs points de ventes qui vendaient ceux-ci, tel que Target, ont retiré le fameux produit des rayons, après que les réseaux sociaux s’en sont mêlés. Beaucoup de stars, amis ou clientes de Park Eunkyeung telle qu’Irene Kim, lui ont apporté un certain soutien, mais aussi une chance de mettre en lumière médiatiquement le vol de ses créations

Ce qui rappelle beaucoup les différents cas des vols de designers par des marques commerciales telle que Zara.

Ici, les designs de l’artiste Tuesday Bassen et les pins de Zara :
Zara et Tuesday Bassen

Heureusement qu’à notre époque, la puissance (attention, je ne dis pas que celle-ci est toujours bénéfique) des réseaux sociaux ont permis de très vite exposer le vol des petits designers par de plus grandes entreprises.

 

Ce « scandal » n’a pas découragé notre nail-artist. Ses modèles ont été souvent portés lors des défilés de la Seoul Fashion Week et font souvent le buzz, comme au show de Steve J et Yoni P pour leur collection printemps-été où elle a créé ce modèle d’ongle où seule la base est colorée.
unistella pour Seve J Yoni P 2016
Ou alors ce modèle d’ongle transparent au bout pour le défilé de Mag&Logan qui a tapé dans l’oeil des médias en 2016 :
Mag&logan unistella

Mais cette année marque un nouveau pas pour la créatrice : Elle lance une nouvelle ligne de bijoux. Pour ongles. (oui, vous avez bien lu, des bijoux pour ongles !). Vous pouvez retrouver les modèles sur son instagram spécialement dédié 

Personnellement, nous adorons la créativité de cette artiste, ainsi que sa nouvelle collection que l’on trouve totalement canon. Sa fanbase sur Instagram ainsi que ses contacts avec certaines célébrités l’ont aidé à défendre son design contre les plus grandes entreprises qui, éhontément, volent à leur aise les idées de petits créateurs. Nous espérons vous avoir fait prendre conscience d’un fait souvent méconnu par la majorité des clients achetant dans des magasins “mainstream” tout en vous faisant découvrir la talentueuse Park Eunkyeung.

Et vous, que pensez-vous de ses créations ? Connaissiez-vous son travail ? Dites-nous tout en commentaire !

L’Empire Kwon : L’Idol G-Dragon sous toutes ses facettes.

Une des choses qui nous fait toujours sourire lorsqu’on parle à des gens qui connaissent un peu la K-pop, c’est que la plupart diront qu’ils ne sont pas fan du genre, mais que BigBang, c’est cool quand même (mais fais pas semblant, je sais qu’en vrai, tu t’enjailles sur Apink).

En plus de leur statut d’idoles internationales, les artistes de Bigbang jouissent d’une notoriété qui va au-delà de l’industrie musicale. Mais comme tu as pu le voir dans le titre, c’est sur une personne en particulier que nous allons nous attarder aujourd’hui.

G-Dragon, de son vrai nom Kwon Ji-Yong (권지용) a débuté sa carrière comme trainee (aka stagiaire) aux côtés de Taeyang (Dong Young-bae (동영배)) à la YG en 2000. Après l’arrivé de Top, Daesung et finalement Seungri lors du survival réalisé pour former le groupe , Bigbang débute avec le titre “First single” en 2006, mais c’est le single « Lies » en 2007 qui va vraiment lancer leur carrière et la renommée qui s’en est suivie. Celle-ci ne va pas se limiter à la Corée du Sud. Le groupe débute au Japon en 2008 et fera ensuite des tournées à travers l’Asie, l’Amérique et l’Europe (par contre je suppose qu’on peut toujours rêver de voir la YG family en concert en EU).

Durant sa carrière, Ji Yong se fait remarquer pour son sens de l’esthétisme et son affinité avec le monde de la mode. Le leader du groupe a d’ailleurs toujours eu un avis affirmé pour le choix de ses tenues.

  • que ce soit pour ses concerts

G-Dragon - Bang Bang Bang - TendanceK

  • Dans ses MV solo
G-Dragon - One Of A Kind - TendanceK.jpg
G-dragon – One of a Kind (+1 pour la veste Channel)

 

  • ou même pour ses apparitions publiques.

 

G-Dragon - YG Jeju Event - TendanceK
G-dragon durant l’event YG 2018 à Jeju-do

 

 

Au fil des années, son statut de Roi de la Kpop ainsi que son style décalé, va lui permettre de rencontrer le directeur artistique de la maison chanel, Karl Lagerfeld. Il devient alors ambassadeur masculin pour la marque aux côtés de Pharrell Williams et Brad Kroenig, et est régulièrement présent aux défilés parisien. G-Dragon a aussi donné un concert privé pour Channel, célébrant le lancement de l’exposition “Mademoiselle Privé” à Séoul.

Ici, son apparition dans une vidéo pour la campagne du sac Chanel GABRIELLE

Karl Lagerfield and G-Dragon
Moi aussi j’aimerais être pote avec l’un ou l’autre … Sad vie.

 

Mais la renommée de GD ne se limite pas qu’à lui seul. En effet, sa soeur Kwon Dami et sa collaboratrice Jessica Jung, ont ouvert en 2014 le concept store “Rare Market” qui jouit d’une reconnaissance internationale. Le concept store présente des pièces de jeunes créateurs coréens (Hyein Seo) mais aussi des marques internationales en vogue,  comme Carven ou encore Marine Serre, gagnante du prix LVMH en 2017.

 

 

 

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Ce concept store accueille aussi des évènements et/ou installations uniques telle que  “28”2”3”” sortie tout droit de l’exposition de Katherine Mavridis qui était présentée à l’Hôtel Particulier à New York en 2017 ou alors l’installation pour les 50 ans de la marque japonaise de lunettes Matsuda.

 

 


Fin 2015, le duo décide de lancer leur propre marque, We11Done. Dami et Jessica explique dans une interview pour Hypebeast, leur envie de créer une ligne de vêtement qui leur ressemble; rare et unique.

La même année, la pop star sud-coréenne décide de lancer sa marque de prêt-à-porter, Peaceminusone, en association avec  la styliste de longue date de Big Bang, Gee Eun.

G-Dragon et sa styliste Gee un
Kwon Ji-yong et sa styliste Gee-un

 

Au travers de cette marque les deux passionnés créent une ligne complétée de sweatshirt, short, pantalon, en passant aux chaussettes, ainsi qu’une de leur pièce distinctive, la casquette ornée de clips (de fer ou de laiton).

 

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Plus récemment, il a sorti une gamme d’écouteurs que l’on peut aussi porter comme un collier.

 



Cette marque, dont GD est le co-créateur et l’égérie, vient bien sûr avec un coût , dont les VIP (fans de Big Bang), ont vivement critiqué car assez cher.

 

 



Les prix sont légèrement supérieurs comparés aux concurrents dits “Grande marque”, en supposant que les produits proposés sont d’une très bonne qualité. (Nous n’avons aucun moyen de juger, mais si quelqu’un se décidait à nous offrir un produit, pour la science bien sûr, nous pourrions éclaircir ce point !).

Néanmoins nous déplorons un peu le manque de créativité derrière. Vu la réputation et le style de Kwon Ji-Yong, on pourrait s’attendre à des pièces un peu plus élaborées que des simples basiques avec Peaceminusone estampillé dessus. On espère que les prochaines collections seront à la hauteur de nos espérances, ou du moins assez travaillées pour élaborer une vraie critique.

Et vous, que pensez-vous de la carrière du  King of Pop made in Korea ? Seriez-vous prêt à acheter des produits de la marque Peaceminusone ou encore We11Done ? Dites-nous tout en commentaire !

Acteur de la mode: Interview de Camille Montard

Camille Montard
Illustration de Camille (Par Hanie).

Aujourd’hui, dans notre série des acteurs de la mode, nous interrogeons Camille Montard, une diplômée de marketing de mode et vivant depuis deux ans à Séoul. Nous espérons qu’elle pourra vous apporter une autre vision des choses si par exemple, vous comptiez vous aussi vous installer en Corée ! Bonne lecture !

 

Q: Peux-tu nous faire un résumé de ton parcours ?

R: J’ai commencé par faire un BTS de modélisme, puis je me suis réorientée vers la stratégie commerciale et le marketing en effectuant un Master à Lyon 2 université en mode et création ! J’ai ensuite effectué un stage dans un bureau de conseil et tendance (Martine Leherpeur Conseil) et ça s’est super bien passé !

 

Q: Comment es-tu arrivée à écrire des articles pour Martine Leherpeur ?

R: Le bureau de tendance Martine Leherpeur était étroitement lié au Master que j’ai effectué à Lyon. Certaines directrices donnaient cours là-bas. A la base j’étais intéressée, au delà de travailler pour une marque, de travailler dans le conseil, donc dans un bureau de conseils et de tendances. J’ai effectué un stage chez eux pendant six mois pour mon Master, puis j’ai été embauchée chez eux.

Le projet de vivre et travailler en Asie, ça s’est fait comment ? Comment as-tu réussi à concrétiser ce projet ?
J’avais déjà le désir de vivre en Asie lorsque j’étais étudiante. Mon père travaillait beaucoup là-bas quand j’étais enfant donc j’ai été bercée par cette idée de l’Asie.

Cette boîte (Martine Leherpeur) avait une branche à Paris et à Shangaï. J’ai compris qu’il y avait possibilité d’avoir un stage peut-être, du coup j’ai dirigé mon mémoire de fin d’études vers une thématique de l’ordre de  “Comment en étant un bureau de tendance français, on pouvait exporter notre savoir-faire en Asie, et comment l’appliquer.” J’ai aussi pas mal travaillé avec Martine, la fondatrice de l’agence (à Shangaï). Pour différentes raisons (mais aussi le fait que je ne savais pas parler le cantonais), le stage à là-bas n’a pas été possible.

En parallèle, après mon stage, j’ai continué à travailler avec Martine sur des sujets touchants l’Asie comme les tendances à Tokyo etc … Puis j’ai commencé à travailler sur les tendances à Séoul. Ca fait deux trois ans maintenant qu’on s’y intéresse de plus en plus. C’est donc pour ça que ça a fait tilt dans ma tête. Je me suis dit que Séoul pouvait être une opportunité. J’avais une sorte de part-time job avec la marque Aesop, j’avais ce plan de travail, donc je suis partie sur un coup de tête, mais ce plan est tombé à l’eau. On ne m’a pas vraiment donné une réponse définitive.

J’avais mon master en poche et effectué un stage mais, au bout du compte, en France et même en Europe, il y avait beaucoup de personnes qui avaient le même profile que moi. C’était pas super attrayant et il fallait que je me démarque. C’est comme ça que je me suis dit “Pourquoi pas Séoul ?” Puis Séoul possède le working holiday visa ! Donc j’ai pu faire un an pour voir comment ça se passait et tenter réellement l’expérience. J’ai travaillé pour RE;CODE, une entreprise qui travaille pour Kolon Industries.

 

Q: Comment as-tu trouvé ce job chez RE;CODE ?

R: Le marché du travail est très compétitif là-bas, les sociétés fonctionnent par réseaux de contacts. C’est grâce à une amie, Sandra qui détient une marque de prêt-à-porter (maintenant orientée active wear) appelée SMK, qui est eco friendly (Ndlr; écologique). Elle m’a mis en contact avec certaines personnes, et grâce à elle, j’ai travaillé pour RE;CODE, la marque vitrine durable et écologique de Kolon Industries.

Q: Peux-tu nous présenter la marque RE;CODE ? Quelles étaient tes tâches et responsabilités ?

R: Il y a cinq ans, beaucoup de stocks invendus ont été jetés et détruits. L’idée de RE;CODE était de réutiliser ce stock pour en refaire des vêtements neufs.

J’étais l’assistante de la manager du marketing global, du coup c’était vraiment pour développer la marque à l’étranger, notamment en Europe. Je gérais tout le panel des détaillants et d’acheteurs, ainsi que tout ce qui était salon. J’étais aussi en charge du digital et d’instagram, et notamment des relations avec des influenceurs étrangers comme Sophie Fontanel  (journaliste et influenceuse française). On était une petite équipe donc je travaillais directement avec ma manager.

Wow, donc ils ont du être assez content de t’avoir pour les échanges avec l’Europe et la France ?

Oui assez ! On a fait une collaboration avec Henrik Vibskov (designer danois), et avec Andrea Crews (designer française), on aussi exposé chez “Merci” (concept store français) pour l’expo “imparfait” en janvier dernier.

 

 

Q: Tu as pu travailler en France et en Corée du Sud, y-a-t-il des différences au niveau de leur manière de travailler ? Quels sont pour toi  les avantages et inconvénients entre ces deux pays?

R: RE;CODE faisait partie de plus grand groupe. Le monopole des grandes marques tel que Samsung est énorme. Toute la vie coréenne tourne autour de ces conglomérats.

C’est une hiérarchie très verticale. A chaque décision, tu dois demander à ton manager, celui-ci doit demander au sien etc. Celui tout en haut à milles demandes dans la même veine et ça prends un temps fou pour agir et décider car il faut avoir l’approbation de “tout en haut”

J’ai aussi l’impression qu’il y a un petit problème au niveau de la présence au travail. Ils préfèrent, un peu comme en Chine ou au Japon, prétendre être au bureau très longtemps alors que la productivité n’est pas constante, plutôt que des heures de travail “moindre”, mais avec plus de rendement et productivité dans ces heures-là.

Q: Penses-tu qu’il est possible pour les étrangers de trouver une place au sein d’une entreprise coréenne malgré le situation tendue dans le pays ?

R: Pour mon cas, j’ai vu que la boite RE;CODE avait un côté éco-friendly et un impact positif socialement. Ils avaient un programme spécial qui permettait d’embaucher des étrangers pour six mois, un an ou un an et demi et qui m’a permis d’y travailler. Après la fin de programme, ils devaient donc m’engager via un autre visa mais ça n’a pas abouti.

La Corée s’est développée, économiquement parlant, avec une économie protectionniste. Il y a beaucoup de barrières à l’entrée pour les biens et les services, mais aussi pour le taux d’embauche. Je voulais postuler dans des groupes étrangers mais je suis tombée des nues. Même dans ce genre d’entreprise (Prada, etc ..) le staff était constitué presque exclusivement de coréens.

Q: Et donc en général et dans la mode, c’était dur de trouver du boulot?

R: La plupart des gens que je connais qui cherchent du travail (français ou coréen) ont trouvé du travail qui leur correspondait. Je n’ai pas l’impression qu’il y a un taux de chômage à longue durée énorme chez les jeunes, en tout cas au niveau de la mode. Il y a beaucoup d’offres qui tournent sur le site coréen de Fashionjobs. Vu que c’est une industrie créatrices, peut-être que dans d’autres secteurs ils sont plus touchés. J’ai aussi quelques amis qui ont monté leur propre boîte, que cela soit dans le graphisme ou dans des magazines. Donc je n’ai pas ressenti de “difficultés” personnellement.

Je pense aussi qu’ils arrivent tout doucement au bout de leur système de leurs conglomérats détenant le monopole. Ce système n’est pas équilibré, ils ont embauché énormément de gens au départ, et maintenant certaines de ces personnes partent à la retraire. Il y a un déséquilibre entre ceux qui partent et ceux qui recherchent du travail. Il y a une sorte de crise avec tout ces jeunes qui sont assez diplômés.

 Q: Comptes-tu rester en Corée du Sud pour le travail ?

R: J’ai trouvé une startup coréenne qui fait du conseil et qui a besoin de se développer, mais il y a eu un problème de visa: Je dois avoir un visa d’un an, et ils se sont rendu compte qu’avec leur statut d’entreprise, ils ne peuvent pas embaucher d’étranger (il faut un certain quota de coréens pour pouvoir embaucher un étranger).

Mais pour le moment avec eux, je vais à la Fashion Week de Paris et Milan donc je me réjouis. Ça fait 2 ans que je vis à Séoul et c’est intéressant d’expérimenter. Je me suis fait de bons amis, les musées sont intéressants, les soirées sont biens, il y a vraiment une chouette ambiance, mais il y a très peu d’étrangers, et souvent ceux-ci sont étudiants, donc ça vient et ça part. Par rapport à la société coréenne, on se dit tous “Wow, Séoul c’est le futur !” mais personnellement, je trouve que Il y a encore une sorte de gros conservatisme au niveau de leur mentalité, qui clash un peu avec ma vision des choses. J’ai peut-être une opportunité à Hongkong et je pense que là-bas sera plus facile car justement iI y a beaucoup plus d’étrangers.

Q: Tu as des exemples de ce genre de choc des cultures que tu as expérimenté ?

R: Oui, par exemple c’est hyper courant que des filles étudiantes en mode en Corée, n’aillent que dans des universités réservées aux filles. Il y a ce genre de système qui met les filles et les garçons de part et d’autres où il n’y a pas de groupes d’amis mixtes. Et il y a aussi le système de la femme au foyer qui est typiquement attendu dans un couple (pas tous, mais la mentalité tend vers ce genre de “cliché”).

Puis ce qui m’a toujours surprise sur les coréennes, c’est que quand elles vont dans un style, elles y vont a fond (Sac, Makeup, etc) ! Donc en Corée il y a plusieurs tendances qui vivent ensemble (genre streetwear hypebeast, Balenciaga shoes,) je les voyais tout les jour , ainsi que le marché de la contrefaçon tellement c’est géant. L’année dernière c’était Gucci et maintenant Balenciaga.

Ce qui me choque aussi, c’est la Séoul Fashion Week. Il y a un truc pas professionnel, ils ont genre des vieilles chaises en plastiques pour le public et les invités, des animations vidéos dépassées, alors que la ville de Séoul mets beaucoup d’argent dedans.

Q: Nous pensons que la Corée est encore jeune, et qu’elle n’a pas eu le temps de créer sa propre identité, les jeunes designers essaient de voir ce que font les autres. Il n’y a pas encore cette spécificité typiquement coréenne. Qu’en penses-tu ?

R: Les designers coréens (même s’il faut mentionner Blindness nominé pour le prix LVMH qui sort du lot) reste très commercial, il y a une sorte de manque de créativité, parfois c’est de la copie de designer qui existent déjà (Rick Owens, Vêtement). C’est surtout des vêtements que tu pourrais acheter et porter directement dehors. Je pense que les designers coréens ont encore besoin de maturité. J’ai l’impression qu’ils manquent de sens critiques et de créativité propre : Ils voient quelque chose de cool et qui marche bien, hop ils vont refaire la même chose sans prendre le recul de réinterpréter à leur façon. Mais même sur des marques qui défilent à la Séoul Fashion Week, il y a une sorte de négligence pour les finitions et/ou détails sur les produits. La qualité du textile et de la fabrication n’est pas encore top. Je pense que lorsque c’est des petites quantités, genre artisanat/façonnier, la qualité est vraiment là, mais dès qu’on augmente en nombre, la qualité diminue fortement.

Q: Beaucoup de jeunes gens aujourd’hui pense tenter l’expérience de la vie en Corée, avez-vous des conseils à leurs donner avant de se lancer ?

R: Mon conseil serait que si vous avez une envie, un rêve, que ça soit en Corée ou partout dans le monde, il faut y aller. Là où il y a une volonté, il y a un chemin. Si il y a vraiment quelques choses que l’on désire, on y arrive toujours. Il faut de la patience et de la persévérance.

Séoul reste une énorme capitale, il faut venir, avoir la niaque ,se faire sa place et se faire un réseau. La plupart du temps, les coréens sont assez contents de te faire découvrir la culture, peut-être du fait qu’il y a peu d’étrangers, donc il y a encore ce “truc” de curiosité d’avoir un ami étranger.

Après faut pas se leurrer, y’a une certaine forme de racisme qui existe aussi.

Il faut quand même avoir l’envie d’aller vivre là bas et être conscient que c’est assez éloigné de notre culture. Il y a justement cette histoire de visa Working Holiday, donc rester pour une période d’un an ou moins (et si vous avez entre 18 et 30 ans), c’est assez facile, profitez-en!

 

Acteurs de la mode : Interview de Sophie Dupuy – CEO de K-trend agency

Mannequins, stylistes, make-up artistes, …. Ils sont peut-être pour certains les premiers acteurs qui leur viennent à l’esprit quand on parle de l’industrie de la mode. Il ne faut pourtant pas oublier ceux qui ne travaillent pas forcément sous les feux des projecteurs. Dans cette série, nous allons vous présenter et vous mettre en lumière certains métiers dans l’industrie de la mode. Notre première interview et article de cette série se passe avec Sophie Dupuy, française, expatriée en Corée du sud et directrice d’un bureau de style “K-trend agency”.

Mais d’abord, qu’est-ce qu’un bureau de style (ou “bureau de tendances”) ?

Un bureau de style est une entreprise spécialisée dans l’analyse, et l’anticipation des tendances. Il se charge donc d’être constamment en avance, observer et décortiquer ce qui se passe lors des défilés, dans la rue, sur les réseaux sociaux etc. Ils créent parfois des cahiers de tendances où ils classent différents style à venir. Chaque style (pour la mode) contient un type de femme, des matières, imprimés et couleurs, ainsi que les différents coupes possibles pour certaines pièces et une ou plusieurs silhouettes “phares”. Ces cahiers peuvent couvrir des tendances allant de un, deux, voir dix ans dans le futur, et sont vendus à des professionnel.le.s.
Le bureau de style peut aussi de choisir de collaborer avec une marque ou entreprise et établir avec eux, leurs plans de collections suivant les tendances.

Après cette petite interlude informative, nous rentrons dans le vif du sujet avec notre interview avec Sophie. Il y a des termes marketing/mode dans les réponses, vous trouverez donc, pour ceux qui n’y sont pas habitué.e.s, un petit lexique à la fin ! 🙂

sophie dupuy
Sophie Dupuy, CEO de K-Trend

Pouvez-vous nous donnez un bref résumé de votre parcours ?
Après 15 ans passées dans la mode, notamment à la direction artistique de marques de prêt-à-porter, j’étais de plus en plus fascinée par l’effervescence créative asiatique, à Séoul en particulier où je multipliais les déplacements.

Pourquoi avoir choisi la Corée du Sud pour y travailler ? Ou pour y vivre ?
Séoul est une bonne synthèse entre le Japon – pour son audace créative et sa maîtrise du branding* – et la Chine – pour son sens du commerce et de la copie. Ce mix fait de la Corée un marché particulièrement inspirant!
Quand l’opportunité de m’installer ici s’est présentée, j’ai sauté sur l’occasion et créé mon bureau de style, K-Trend.


Pouvez-vous nous présenter “K-trend Agency” ? Quels sont vos tâches et responsabilités ?
K-Trend est un bureau de style qui réalise des prestations sur-mesure pour des clients, français essentiellement. Ma démarche est d’enrichir l’inspiration des marques  par un benchmark* greffé à la créativité coréenne, tout en respectant leur ADN.

Comment se passe un projet ?
C’est très variable car l’enjeu pour moi est d’intégrer leur process avec flexibilité, pour que mon apport soit le plus efficace possible. Donc je m’adapte: cela va de la veille de trends reports* à des shoppings personnalisés, en passant par du travail de plateformes identitaires (travail sur l’identité de la marque).

Comment trouvez-vous l’inspiration
? Est-ce que vous devez observer ce qui se passe sur le net et/ou dans la rue sous un autre angle ?
C’est une veille permanente, car tous les domaines se nourrissent: les passerelles entre secteurs sont très fortes! Je couvre bien sûr la fashion week, mais ce qui m’inspire le plus ici est la tendance de la rue, et je reste en permanence à l’affût de tous les nouveaux lieux (concept stores, restaurants, expos…).

Pour quel genre d’entreprise travaillez-vous ?
Mes clients sont essentiellement dans les secteurs de la mode femme, enfant et la beauté: tous ces secteurs sont ici particulièrement dynamiques!

Que pensez-vous de la relation actuelle entre la France et la Corée du Sud ? Est-ce que celle-ci influence votre travail au quotidien ?
Ce n’est paradoxalement pas un sujet dont on parle beaucoup ici. Il n’y a pas d’impact direct sur mon travail, si ce n’est pour les Coréens une urgence à innover, qui est un des moteurs de leur incroyable développement économique, et qui reste aujourd’hui source de créativité.

Au fil des années, la Corée est devenue l’un des berceaux des tendances du Sud de l’Asie. Pensez-vous que c’est toujours le cas et dans quel mesure ce phénomène évolue ?
Plus que jamais! La génération des trentenaires actuels est la première qui a grandie avec un sentiment de liberté économique, ce qui a débridé son audace créative, et ce qui fait de Séoul aujourd’hui le laboratoire le plus pointu du continent asiatique! À mon sens ce n’est que le début: après une phase de réinterprétation des tendances occidentales, la Corée est en train de se réapproprier sa propre histoire, ce qui pourrait rendre la K-Pop beaucoup plus dense culturellement. C’est vraiment un marché à suivre de près…

Chez Tendance K, on est très curieuse vis-à-vis des micro tendances du pays. Avez-vous des prévisions pour les prochains mois, voir années ?
Vaste sujet! La constante à Seoul est un travail de R&D* sur les volumes, ce qui donne en ce moment des jeux de disproportion très contrastés: la silhouette est comme noyée dans des volumes oversize.
En terme de dégaine, le porté bandoulière est un incontournable.
Et en beauté, une tendance qui m’amuse beaucoup est l’appareil dentaire qui s’impose!


Lexique
Branding : Gestion de l’image de la marque de l’entreprise.
Benchmark : Le benchmark est l’observation l’analyse des pratiques marketing utilisées et des performances atteintes par d’autres entreprises concurrentes.
Trends reports : Comptes-rendus des tendances, généralement par saisons.

Fashion Week de Séoul : Les défilés

Aujourd’hui, nous allons continuer la seconde partie sur cette Fashion Week de Séoul 2017 ! On vous parle maintenant des différents shows (pas tous, sinon on y est encore le mois prochain) qui nous ont marqués (et qui ont aussi marqués certains médias de mode !)

Le premier jour, on a pu voir les pièces de Kim Ji-woong, designer d’ « Anti Matter » : Une piqûre de rappel aux années 80 avec des imprimés à carreaux, couleurs néons et graphismes typiques post-internet, mélangée au streetwear de nos jours.

 

Le lendemain (mardi),  “on show” (donc défilé à Dongdaemun Design Plaza !) : Han Hyunmin de « Münn », qui a l’habitude des costumes en lainage superbement taillés, a voulu expérimenter avec la soie, la rayonne et des drapés pour cette collection.


« Pushbutton », la marque de Park Seunggun a fait défiler des silhouettes féminines aux couleurs des années 80 (vous l’aurez compris, cette Fashion Week, ce sont les 80’s à l’honneur).

 

“Off show”, nous retrouvons la collection très attendue du label « R.Shémiste » du duo Jiyeun Won et Jooho Lee. R.Shémiste s’est démarqué cette année grâce à son originalité. Des pièces sportswear tout droit sorties des années 90 mixés à des éléments de coutures.  Chaque année, les créateurs utilisent un symbole récurrent dans les différentes pièces sensés symboliser un message. La saison dernière, c’était une épingle de sûreté (=protection). Pour cette collection, c’est le mousqueton que l’on retrouve partout (= sûreté et connexion). Du classique mixé à de l’excentrique.

 

Défilant aussi « off show », notre petite favorite : Minju Kim  (On vous préparera un article spécialement dédiée à elle) ! Elle a réinterprété cette année la poésie de Baudelaire , et en a créé sa collection “Feral Princess”, faites de “gravures” graphiques et broderies.


Mercredi, « Blindness », une marque crée par le couple Shin Kyu Yong and Ji Sun, faisait défiler une fusion entre des robes de cours de la Renaissance et le glam rock des années 70. Cette collection SS18, appelée « Young and Beautiful » (littéralement : Jeune et Beau), était très attendue dans le monde de la mode; le couple de designer ayant été les semi-finalistes du LVMH 2017 Fashion Awards. Contrairement à la vague des années 80’s frappant les stylistes sud-coréens, « Blindness » fut un vent de fraîcheur romantique, ayant même « ‘l’audace » d’utiliser des tons sombres pour une collection printemps/été.


Le jour suivant, Jinwoo Choi and Yeonjoo Koo et leur label « Jkoo », connu pour la réinvention du sportswear avec des détails romantiques : Ils ont cette fois utilisé une palette de couleurs limitée au noir, blanc, gris clair et rose. Cela permet par cette limitation de tons d’expérimenter une plus grande variété de textures et silhouettes.

 

A la tête de « Charm’s », Yohan Kang, qui a divisé son défilé en deux parties : Une première partie avec une tendance assez présente en Corée : “le déséquilibre”. Les pièces présentées sont en fait deux parties de types de vêtements différents (exemple : un demi bomber et un demi blazer cousu ensemble pour créer une seul et même vêtement). Si ce n’est pas deux vêtements différents, c’est alors un jeu de deux types de tissus/couleurs/imprimés différents. Une deuxième partie en collaboration avec Kappa, beaucoup plus sportswear (logique.)

 

Pour la fin de cette Fashion Week, on vous a sélectionné sur les huits créateurs défilant ce jour-là, nos quatre favoris.

Myoungsin Lee avec « Low Classic », qui avait pour but d’évoquer le voyageur asiatique. Il y a là beaucoup d’imprimés folkloriques traditionnels et un sentiment très nature avec des tons très doux, parfois réhaussés par des touches de couleurs plus vives.

Noah Nam , créateur de « Nohant »,  a défilé des pièces aux couleurs des scénarios de printemps et d’été avec des mélanges de tissus et une utilisation de couleur improvisée. Un besoin de mettre en avant le processus de fabrication du design, plutôt que la pièce finale finie.

 

Le designer Ji Youn Lee et sa marque « Jyarret »Sa collection “Dear Little mermaid” dont le style vise assez bien le business des idoles avec ses imprimés, et apparemment, cela marche assez bien vue le nombre de célébrités portant ses créations pour assister à cette Fashion Week !

 

Et pour finir, “Beyond Closet”, la marque de Taeyong Ko, a sorti sa collection SS18 “Bonjour stranger”. Il a voulu exprimer la jeunesse face à de nouvelles expériences, la curiosité qui s’en dégage, ce qui a donné un mélange de silhouette testant une palette de couleur très large ! Avec sa touche personnelle : Les imprimés décalés. C’est avec cette collection que se sont terminés les défilés au Dongdaemun Design Plaza !

 

C’est ainsi que se termine cette rétrospective des défilés sélectionnés pour vous !

On vous retrouve pour la troisième partie de cette Fashion Week 2017 dans quelques jours. On y abordera notamment les tendances qui sont ressorties durant cette semaine de défilés et streetstyle intensive ! Stay tuned !

Fashion Week de Séoul: Introduction

Cette année, du 16 au 21 octobre, a eu lieu la Fashion Week de Séoul. Bien qu’elle ne soit pas une des plus anciennes et importantes des Fashion Week ( The Big Four : New York, Londres, Milan, Paris), celle de Séoul ne cesse de grandir. Une des raisons de cette expansion est l’intérêt qui ne cesse d’augmenter pour le pays et sa culture (Hum hum Hallyu Wave).

Leurs nouvelles invitations vers le monde entier à assister au show et une traduction des informations en anglais (qui était inexistante au tout début) à fait que cette Fashion Week au départ assez locale,fermée et peu connue du grand public, s’est transformée en un événement internationalement attendu.

(Notez que cette année, le nombre d’acheteurs et journalistes chinois a fortement baissé à cause des derniers événements – le boycott de la Chine envers les produits, émissions et voyages groupés vers la Corée du Sud en réponse au déploiement d’un bouclier anti-missile- , d’où une ambiance très différente et presque tendue pour 2017.)

La Seoul Fashion Week  a lieu deux fois par an : en octobre pour les collections printemps/été et en mars pour l’automne/hiver. Chaque année, le Dongdaemun Design Plaza est pris d’assaut par des fans de mode, espérant être pris en photo, ou prendre en photo quelqu’un d’intéressant.

 

La foule durant la Fashion Week et les innombrables personnes qui se font photographier


Les collections hommes et femmes sont présentées au même moment, contrairement aux autres Fashion Weeks. Elle est aussi divisée, pour chaque “saison”, en trois catégories :

The Seoul Collection : C’est la catégorie haut-de-gamme et là où défileront les meilleurs stylistes coréens.

Generation Next : Pour les stylistes qui ont moins de cinq ans d’expériences en tant que marques indépendantes, et qui ont déjà travaillé pendant un an. C’est une énorme opportunité pour ces marques d’être propulsées sur les podiums.

The Seoul Fashion Fair : C’est une exposition pour les marques coréennes de fast fashion.

Les défilés lors de la Seoul Fashion Week, ne se font pas qu’à l’intérieur du Dongdaemun Design Plaza. Les organisateurs de l’événement ont aussi pour intention de faire découvrir d’autres lieux de modes importants de la ville. Certaines marques défilent donc “off-show”, dans des endroits aménagés spécialement pour l’occasion. Plus intimistes, ces ateliers, concept stores et autres valent vraiment le détour pour les amateurs de modes underground (Je parle de toi R.Shémiste).

Cette année, les marques “streetwear” sont encore les favorites du public séoulite, mais aussi des célébrités coréennes, qui ont été vues arborant des pièces des designers présents durant toute la semaine. 

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NCT portant du Jyarret pour assister au défilé de celui-ci
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NCT avec des pièces de la collection KYE (la marque soeur de Charm’s)

Une autre stratégie mis en place par les marques, qui invitent ces personnes influentes, généralement assises au premier rang de leur défilé.


Bien sûr, il y a aussi ceux qui sont amis avec les stylistes et qui sont donc là pour les soutenir. Par exemple Gong Hyo Jin qui est venue assister au défilé de PushButton pour soutenir son ami de longue date.

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Gong Hyokin avec un trench réversible Pushbutton

Voilà c’est tout pour maintenant ! On vous retrouve prochainement pour la suite. Elle concernera les marques et créateurs qui ont défilés à cette Fashion Week !

Stay tuned !

ADER ERROR: Aesthetic urbain et Flagship à Hongdae

Durant notre voyage en Corée, Lena et moi avons pu découvrir (ou redécouvrir) plusieurs marques premium qui font parties de nos préférées et sont aussi très représentatives de l’évolution stylistique au pays du matin calme. Aujourd’hui, je vous parle d’ADER Error et de son Flagship store dans le quartier artistique qu’on ne vous présentera plus; Hongdae. 

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La marque ADER Error a été créée en 2014 par un collectif d’artistes dont l’identité est toujours inconnue à ce jour. Cette équipe se compose de créatifs d’univers différents : stylistes, décorateurs d’intérieurs, graphistes… Leur but est d’exprimer leurs univers au travers de divers supports et notamment le vêtement.

C’est grâce à ces campagnes visuelles sur les réseaux sociaux que la marque a su se faire connaître au-delà des frontières coréennes. C’est justement de cette manière que j’ai découvert leurs travaux.

Le nom de la marque associe deux idéologies: “ADER” qui se compose du mot “art” + “drawing” + “er” et “Error” signifiant que personne n’est parfait. Les designers ont pour volonté de créer une marque basique urbaine, donc l’aspect “cool” est durable dans le temps. Leur dernière collection “SIGNIFIANT TAG 1.0” est d’ailleurs dans cet esprit basique sans saison associée.

Depuis sa création, la marque produit au minimum 2 fois par an des collections de streetwear qu’elle qualifie d’unisexe, dont l’idée est de simplifier au maximum le style urbain et de revisiter les codes classiques de la mode des années 90 et 80.

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Comme dit plus haut, un autre aspect important d’ADER Error est son positionnement “content-driven”* (*littéralement, orienté contenu). Grâce à ses comptes Instagram, la marque s’est créée une communauté de plus de 450k followers coréens et internationaux. Leurs visuels mettent généralement en avant des mannequins de sexe féminin au look androgyne portant leurs collections.

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Costume 2 pièces pour le rappeur Zico  dans le clip de Millic- Paradise ft Faxy Child

Ajoutez à tout cela une bonne touche d’humour et de dérision et vous obtenez une formule fulgurante qui fait d’ADER Error une marque importante sur la scène mode coréenne.

Pour leur nouvel espace à Hongdae, la marque nous fait découvrir son univers à travers plusieurs ambiances: un showroom, une galerie, des installations ainsi que la boutique qui reflètent tous l’univers d’ADER Error.

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Un des espaces du Flagship Store à Hongdae

Le Flagship Store d’ADER Error à Hongdae a été inauguré en hiver 2016 et ses installations sont sans cesse renouvelées.

C’est un peu par hasard que nous sommes tombées dessus. C’était en pleine nuit donc difficile de voir quoi que ce soit, mais on a quand même voulu partager avec vous cet endroit.

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Hongdae de nuit et la boutique Ader Error qui scintille. On aurait pu difficilement passer à côté

Dans cette vidéo, vous pourrez voir tout les espaces du Flagship ainsi que la gamme de produits vendus. Le sous-sol comprend la collection lifestyle (à ce jour: Day after Day), le rez-de-chaussée est réservé pour les collaborations artistiques du monde entier. Au premier étage, on y trouve trois types de cabines d’essayages à thèmes : « Toilette », « Hôtel » et « Upside down ». Au même étage se trouve les nouvelles collections et la collection permanente, signature de l’identité de la marque.

Qu’avez-vous pensez de cet article ? N’hésitez pas à nous faire part de vos impressions. Ca nous permet aussi de savoir quel genre de contenu vous intéresse le plus afin de partager avec vous du contenu plus adapté.

A bientôt !

Ecrit par : Hanie
Crédit photo :

https://www.instagram.com/ader_error/
adererror.com

La contrefaçon en Corée : Omniprésente et acceptée

Lors de notre séjour en Corée, nous avons pu observer les différentes tendances arborées dans les rues. Les styles changent rapidement là-bas et comme les coréens sont assez intéressés à les suivre, il y a une demande, un besoin immédiat de satisfaire ceux-ci et de rester dans la hype.

Dans l’une de ses tendances, nous rencontrons un problème récurrent, et pourtant, pas perçu comme négatif pour la population locale : Le streetswear dit “hiphop”.

Contrefaçons de pulls Supreme et Comme des Garçons

Screen Shot 2017-09-12 at 22.00.02Il suffit de se balader un peu dehors pour se retrouver nez-à-nez avec des tonnes de sweatshirt et casquettes Supreme, des t-shirt Stüssy, des vestes Hood by Air ou encore Off-White. Aussi bien sur les étalages, que portés par les passants

L’offre pour combler le besoin de ces marques est tellement grande au niveau de la contrefaçon que :

  •  Cela est devenu normal de porter ce genre de pièces, de payer un prix quatre fois moins chers pour un copycat du même produit.
Fashion week automne/hiver 2017 à Séoul
Fashion week automne/hiver 2017 à Séoul
  • Les magasins distribuant ces marques officiellement ne sont plus motivés à s’implanter en Corée, tant la contrefaçon y est prédominante et les potentiels clients, dans une envie de consumérisme rapide et immédiat, ne sont pas les plus nombreux.
Fashion week automne/hiver 2017 à Séoul
Fashion week automne/hiver 2017 à Séoul
Fashion week automne/hiver 2017 à Séoul. Détournement volontaire de la marque “BOY”
Fashion week automne/hiver 2017 à Séoul. Détournement volontaire de la marque “BOY”

Pour pouvoir acheter “the real deal”, les vrais produits de la marque, il faut pouvoir jouer des coudes dans les boutiques multimarques, ou alors, à défaut de pouvoir le commander par internet, s’offrir un petit billet d’avion vers le Japon. Cela est bien dommage, car la demande, bien que minoritaire face à l’offre immense des contrefaçons, est bien réelle, comme le démontre l’évènement de Vetement “Original Fakes”* en Octobre 2016.

File d'attente pour l’ouverture de “Original Fakes” par VETEMENT, Octobre 2016
File d’attente pour l’ouverture de “Original Fakes” par VETEMENT, Octobre 2016

* « Original Fakes » : Evènement/popup store de la marque Vetement à Séoul en 2016. Vente d’une collection capsule reprenant les best-sellers revisités.


Ecrit par : Hanie and Léna
Crédits Photos :
Highsnobiety
http://www.highsnobiety.com/2017/08/24/counterfeit-culture-seoul/
I.D.Vice
https://i-d.vice.com/en_us/article/a3g5gz/vetements-takes-korea

 

Sewing Boundaries (SWBD) – Interview exclusive

Ce samedi 16 septembre a eu lieu l’évènement “Folklorissimo” à Bruxelles. A l’honneur cette année : La Corée du Sud.
Sur la Grand Place se sont déroulées plusieurs activités : Démonstration de Taekwondo, Musique traditionnelle coréenne, Performance culinaire géante, … Mais aussi l’habillage de notre Manneken-Pis national, avec une tenue créée spécialement par le designer Ha Dong-ho. C’est à cette occasion que nous avons eu la chance d’interviewer celui-ci, avec l’aide du Centre culturel coréen de Bruxelles. (Vidéo en fin d’article)

Sa marque principale : Sewing Boundaries

Sewing Boundaries (SWBD), littéralement “coudre les limites”, est une marque crée en 2013 par Dong-ho Ha.
Celui-ci, diplômé de l’université de Daegu Keimyung College University, a étudié le stylisme et a, par la suite, participé à des événement en tant que designer pour plusieurs marques avant de créer la sienne.
De plus, il a aussi participé en tant que directeur artistique et créateur pour différents artistes kpop tel que BTS pour leur 2ème mini-album “SKOOL LUV AFFAIR”

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Et 2EYES pour leur 3ème single album « pippi »
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Beaucoup d’autres célébrités ont été vu portant des vêtements de la marque SWBD, tel que Hyuna, Eric Nam, Lee Dong-wook, …

 

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La marque se veut genderless (sans distinction des genres) et unisexe. Elle veut lier tous types de consommateurs, qu’ils soient jeunes ou plus âgés.
Elle comprend des pièces de coupe simple et intemporelle, néanmoins les motifs, couleurs ou détails permettent d’ajouter une touche d’originalité pour les distinguer de la masse des vêtements minimalistes.

Voilà un exemple concret avec sa dernière collection automne/hiver 2017 “I AM A DREAMER” lors de la Seoul Fashion Week, qui puise son inspiration dans les rêves de la jeunesse.

Quand on est jeune, on a tendance à croire que tout est à portée de main. On veut tout, et très vite, on peut foncer tête baissée. De là est venu l’idée de l’autoroute vers l’avenir, le succès. Des vestes en cuir inspirées de celles des motards portées avec des pantalons droits à motifs, des pantalons “sportswear” ornés d’un biais sur le côté mixés à de longs manteaux en laine.

 

Un autre label, dérivé directement du principal, appelé “2nd SWBD” et crée par Ha Dong-ho, vise un public plus jeune. Des pièces faciles à porter de jour comme de nuit, avec des matériaux doux et chauds tels que la laine, mais aussi de la toile brute, les formes sont lâches, confortables, protectives.